La vague belge

Vague d'OVNI sur la Belgique 1989-1991

Entre fin novembre 1989 et juin 1991, plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de nos concitoyens - y compris des gendarmes et des militaires - furent les témoins de phénomènes aériens hautement remarquables. On observa durant cette période, pratiquement chaque jour, de nombreux objets volants qui restent encore, à ce jour, non-identifiés (OVNI). Ces manifestations se déroulèrent dans tout le sud de la Belgique mais davantage encore dans la province de Liège (VOB1)1.

Figure 1 : la carte des observations établie en 1991 et publiée dans VOB1 p441

Plusieurs journées ont été particulièrement riches en observations, ce fut le cas du 29 novembre 1989 avec 143 cas, le 11 décembre 1989 avec 24 cas, le 12 mars 1991 avec 26 cas. Le graphique suivant tiré de VOB 22 retrace la chronologie de ce qui est qu'il est convenu d'appeler la vague d'OVNI sur la Belgique.

Figure 2 : extension de la vague belge et ses prolongements notamment la mini-vague de septembre 1991 à janvier 1992,
la journée du 26 juillet 1992 avec 27 cas et la mini-vague d'août à novembre 1993 (VOB2, cahier d'illustrations central).

Figure 3 : Portrait robot de l'OVNI de la vague belge,
(VOB2, cahier d'illustrations central)

Un portrait robot peut être établi car de nombreuses observations étaient très rapprochées des témoins, c'est-à-dire à des distances inférieures à 200m. Il s'agit d'objets aériens demeurant stationnaires ou évoluant lentement, parfois à faible altitude et souvent sans le moindre bruit. Ils étaient en général de forme triangulaire, d'envergure impressionnante (supérieure à 15m) et munis de grands «phares» (larges de plus d'un mètres), pouvant projeter des faisceaux lumineux très intenses vers le sol. Ils étaient également capables de réaliser des changements de cap très serrés et des accélérations fulgurantes. Cependant, ce portrait robot ne correspond pas à tous les objets observés. Il y eu une grande diversité tant dans les détails rapportés, qu'en terme de forme ou de taille.

Ce qui s'est passé a impliqué les autorités du pays: le Ministère de la Défense Nationale, la Force Aérienne belge, la Gendarmerie, la Régie des Voies Aériennes, des experts de l'Ecole Royale Militaire, etc. Des chercheurs indépendants, groupés au sein d'une asbl alors dénommée SOBEPS (Société Belge d'Etude des Phénomènes Spatiaux) ont effectué d'innombrables enquêtes auprès des témoins et sur les lieux des observations. Ils ont rassemblé une documentation considérable: environ 20.000 pages de documents divers, plus de 400 cassettes audio d'interviews par téléphone, quelque 600 rapports d'enquêtes circonstanciées sur le terrain, etc. Les résultats ont été présentés dans deux livres de 500 pages chacun («Vague d'OVNI sur la Belgique», Vol. I : «Un dossier exceptionnel», 1991, et Vol. II : «Une énigme non résolue», 1994). Les médias nationaux et internationaux ont parlé à de multiples occasions de ces surprenants événements. D'innombrables articles, reportages et émissions de télévision y ont été consacrés.

Au cours de ces dernières années, des détracteurs ont clamé que les témoins belges, s'ils avaient été de bonne foi, avaient cependant été abusés et victimes de méprises. Plusieurs causes furent invoquées, principalement des prototypes secrets américains (Loflyte, F117, Aurora, B2, etc) ou encore des ULM "fantômes", des dirigeables hybrides de type expérimental ou des AWACS. La dernière hypothèse en date - lancée en 2008 par un groupe de sceptiques français et belges - fait appel à des hélicoptères de différents types, sans toutefois en apporter la preuve. Dans un cas, il s'agirait d'appareils ayant participé à des manoeuvres militaires, affirment ces sceptiques... Certes, il serait peu prudent de soutenir qu'un quelconque appareil conventionnel n'ait pas pu être à l'origine de l'une ou l'autre confusion.

Cependant, lorsqu'on se donne la peine de mettre le problème à plat sur la table, de s'en tenir aux témoignages et aux indices d'étrangetés fournis par les nombreux témoins d'observations particulièrement rapprochées, force est de constater qu'à ce jour (janvier 2011), les tentatives d'explications conventionnelles ne sont toujours pas satisfaisantes, en dépit des assertions répétées de certains.

Sites Internet intéressants et bien documentés à propos de la vague belge :

http://adelmon.free.fr/vaguebelge/vb.html

http://www.forum-ovni-ufologie.com/f102-la-vague-ovni-belge-1989-1992

http://www.anakinovni.org/vaguebelge.htm


  1. Vague d'OVNI sur la Belgique : un dossier exceptionnel, SOBEPS, 1991
  2. Vague d'OVNI sur la Belgique 2 : une énigme non résolue, SOBEPS, 1994

OVNIS : vague belge ou "blague belge ?"

Emission « Questions à la une » - RTBF

18 ans après ces événements, une équipe du magazine d'investigation « Questions à la une » a décidé de se replonger dans ce mystère, en proposant une hypothèse dont on avait peu parlé à l’époque et en mettant en oeuvre des reconstitutions avec les témoins afin de tenter de comprendre ce qu’ils ont pu voir. Une chose est sûre : il y avait bien quelque chose qui a semé le trouble dans le ciel de la Belgique. Mais quoi ? Ou qui ? Et surtout pourquoi ? Au terme de ce reportage réalisé par Franck Istasse, présenté par Jean-Claude Defossé (avec la collaboration de la SOBEPS), le dossier « ovnis belges » reste cependant toujours aussi intriguant (diffusé le mercredi 24 octobre 2007).


La photo de Petit-Rechain

Le 18 mars 2013

26 juillet 2011. Coup de théâtre dans la communauté ufologique : l’édition de 13 heures du journal télévisé de la chaîne belge RTL TVi diffuse un reportage dans lequel l’auteur de la célèbre diapositive dite de Petit-Rechain, prétendument réalisée en avril 1990, avoue qu’il ne s’agit en réalité que d’un trucage grossier. L’auteur du canular, Patrick Maréchal (si seul son prénom est dévoilé dans un premier temps, son nom de famille sera révélé peu après), confesse avoir monté de toutes pièces cette blague de potaches pour se moquer de collègues de travail. Si presque deux ans se sont écoulés depuis cette révélation et la rédaction de ce billet, ce dernier a l’avantage d’offrir un éclairage sur cette falsification et la Vague Belge en prenant le recul nécessaire.

Or donc, ce 26 juillet 2011, dans les minutes qui ont suivi cette annonce, j’ai été contacté sur mon téléphone portable par Jean-Luc Vertongen (ex-responsable du réseau des enquêteurs de la SOBEPS) qui voulait me prévenir mais ignorait que je me trouvais à ce moment précis dans le sud de la France. Aussitôt, je me suis rendu à l’office de tourisme local où un ordinateur était accessible, sur lequel j’ai pu visionner cette séquence sur le site web de la chaîne de télévision. A peine avais-je pris connaissance du reportage que, coup sur coup, deux appels téléphoniques me parvenaient ; il s’agissait cette fois de deux journalistes belges : l’un de l’agence de presse Belga et l’autre du quotidien La Dernière Heure, qui s’étaient procurés mon numéro. Tous les deux avaient voulu recueillir ma réaction à chaud et savoir ce que j’en pensais. D’emblée, je leur ai déclaré que si l’information était bien exacte (ce que je ne pouvais alors vérifier là où je me trouvais), nous pouvions enfin classer l’affaire. J’ai cependant ajouté que cela ne remettait pas en question un certain nombre de témoignages récoltés pour la seule journée du 29 novembre 1989, que l’on considère (ceci est néanmoins à nuancer) comme marquant le début officiel de la vague d’OVNI sur la Belgique. En effet, à l’issue des aveux de Patrick Maréchal, nous devions apprendre que c’est vers la mi-mars 1990 – soit près de trois mois et demi plus tard (!) et après que nombre de témoignages rassemblés par des enquêteurs de la SOBEPS ou des journalistes aient été diffusés dans le public – que l’auteur de la supercherie et ses deux complices se sont décidés à fabriquer une maquette en frigolite et à en prendre des photos. En toute logique, ce faux document ne pouvait donc en aucune manière expliquer les quelque 150 notifications réunies pour la journée du 29 novembre 89. Mon premier constat, avec recul, demeure que le faux de Petit-Rechain ne remet pas en cause la Vague belge.

Un des journalistes me demanda également si cette nouvelle constituait une déception ? Ma réponse fut toute aussi immédiate mais dut sans doute le surprendre alors que, dans mon chef, ce n’était pas le moins du monde le cas, bien au contraire. Pour m’être beaucoup investi à l’époque de la SOBEPS afin de tenter d’établir si cette photo était authentique ou pas, comme je l’avais toujours écrit, seule la vérité – quelle qu’elle fût – m’importait. Par conséquent, si ces aveux tardifs – vingt-deux ans plus tard ! – s’avéraient confirmés, je considérais que c’était une excellente chose. Mon second constat est que la recherche de la vérité, quelle qu’elle soit, reste la base du travail en ufologie selon ma conception, et doit continuer à l’être.

Le Professeur Auguste Meessen rencontra Patrick Maréchal le jour-même de sa confession télévisée et, à mon retour en Belgique, le Professeur Léon Brenig et moi recueillîmes à notre tour ses commentaires en date du 19 août suivant. Cette mise au point n’a pour autre but d’acter ici qu’il ne fait plus aucun doute que la photo de Petit-Rechain est bel et bien un vrai faux.

Dans l’optique de vous presenter l’impact du faux de PR sur la Vague belge dans son ensemble, je vous invite à découvrir un article – pour l’instant en anglais seulement - de Franck Boitte, ancien collaborateur et enquêteur de la première heure de la SOBEPS, qui a méticuleusement tenu à jour un catalogue des cas de la vague belge et qui nous livre ici ses réflexions sur l’affaire de Petit-Rechain et ses conséquences sur les événements de 1989-1993.

Patrick Ferryn